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Tudor Hilcu par THG Conseil

Comité de direction : sept règles pour qu’il décide vraiment

Beaucoup de comités de direction écoutent des présentations, puis se séparent sans décision écrite. La semaine suivante, les mêmes sujets reviennent. Sept règles simples changent la nature de la réunion.

Auteur
Tudor HilcuFondateur & CEO, THG Conseil
Publié le
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5 min
Thèmes
Comités
Sommaire11

Depuis 2025, j’organise et j’anime les comités d’un département de TotalEnergies et de ses pôles. Avant cela, j’ai tenu les comités de pilotage et de direction d’un programme ERP et WMS pour The Walt Disney Company, et le comité des responsables de pôles d’un domaine informatique pour GRDF. Les tailles et les enjeux changent. Les règles qui font décider un comité restent les mêmes.

Le comité qui ne décide pas se reconnaît vite. Des tours de table où chacun raconte son mois. Des supports volumineux découverts en séance. Des sujets qui reviennent d’une semaine sur l’autre. Et un dirigeant qui tranche après la réunion, dans le couloir, avec ceux qui sont restés.

1. Un ordre du jour construit autour des décisions

Chaque point de l’ordre du jour devrait dire ce que l’on attend du comité. « Point RH » ne dit rien. « Valider ou non le recrutement d’un responsable commercial avant l’été » dit tout : le sujet, la décision attendue, l’échéance. Un point sans décision attendue est souvent une information, et une information n’a pas besoin d’une réunion.

2. Les documents partent la veille, la conclusion en première page

Un comité qui découvre les chiffres en séance passe la séance à les comprendre. Les documents partent la veille au plus tard, et chacun commence par sa conclusion : ce que l’on propose, pourquoi, ce que cela coûte, ce que l’on risque. Le détail suit pour ceux qui en ont besoin.

Une note de décision tient souvent sur une page, en cinq lignes : la proposition, la raison, le coût, le risque, la décision demandée au comité. Si l’auteur n’arrive pas à l’écrire ainsi, le sujet n’est pas encore mûr pour une décision, et c’est une information utile en soi.

3. L’information descendante n’a pas sa place

Les nouvelles de chaque service, les chiffres du mois sans écart notable, les annonces : un e-mail suffit. Le temps du comité est réservé à ce qui exige une décision collective, ou à ce qui s’écarte du plan.

4. La décision s’écrit en séance

Quoi, qui, quand. La décision est formulée à voix haute, notée, relue avant de passer au point suivant. Si personne ne peut la formuler en une phrase, c’est qu’elle n’est pas prise. Mieux vaut le constater dans la salle que le découvrir la semaine suivante.

5. Le registre des décisions s’ouvre en début de comité

Chaque comité commence par les décisions du précédent. Pour chacune, trois statuts possibles : faite, en retard avec une nouvelle date, ou abandonnée, et alors on dit pourquoi. Cinq minutes suffisent. Ce sont les cinq minutes qui rendent les autres utiles.

6. Un responsable nommé, jamais « l’équipe »

Une action confiée à « l’équipe » n’appartient à personne. Chaque décision porte un nom, celui d’une personne présente ou explicitement informée. Ce nom n’est pas une sanction : c’est la personne à qui l’on demandera, la prochaine fois, où en est l’action.

7. Le compte rendu part le jour même

Court : les décisions, les actions, les responsables, les dates. Pas de verbatim. Envoyé le jour même, il fixe ce qui a été décidé avant que chacun n’en garde sa propre version. Envoyé une semaine plus tard, il ne sert plus à grand-chose.

Une règle de plus : les mauvaises nouvelles arrivent tôt

Un retard, un dépassement, un client perdu : la pire façon de l’apprendre est en séance, par surprise, ou après coup. La bonne règle tient en une phrase : une mauvaise nouvelle se dit dès qu’on la connaît, et toujours avec une proposition. Un comité où l’on peut annoncer un problème sans être mis en accusation est un comité qui voit les problèmes à temps.

La place du dirigeant dans la salle

Le dirigeant fixe le cadre, mais il n’a pas à parler le premier. Sur un sujet discuté, s’exprimer en dernier laisse aux autres la liberté de dire ce qu’ils pensent. Il évite aussi de trancher dans le couloir ce qui aurait dû l’être en séance : chaque décision prise hors du comité affaiblit le suivant. Et il accepte qu’une réponse honnête soit parfois « nous ne savons pas encore ; nous saurons à telle date ».

Dans une PME, le même comité tient en quarante-cinq minutes

Ces règles ne sont pas réservées aux grands groupes. Dans une entreprise de quelques dizaines de personnes, le comité de direction est souvent un point du lundi entre le dirigeant et trois à cinq responsables, parfois sans nom officiel. Les règles s’y appliquent en plus léger : pas de supports, une page partagée la veille, le registre des décisions dans un simple tableur, et un compte rendu de cinq lignes envoyé avant midi.

L’effet se voit vite. Les sujets cessent de revenir, chacun sait ce qu’il doit faire avant le lundi suivant, et le dirigeant n’a plus à relancer chaque action lui-même. C’est souvent le premier temps qu’il regagne.

Trois questions pour tester votre comité

  • Combien de décisions écrites, avec un responsable et une date, lors du dernier comité ?
  • Combien de sujets figuraient déjà à l’ordre du jour du précédent ?
  • Le compte rendu est-il parti le jour même ?

Si les réponses vous gênent, commencez par la règle n° 5 : le registre relu en ouverture. Elle ne coûte rien, et elle change le comité dès la deuxième séance.

Un comité se juge aux décisions qu’il prend, pas aux présentations qu’il écoute.

Si votre comité tourne en rond, le coaching des dirigeants et le pilotage de vos projets, gouvernance et comités compris, sont deux façons de le reprendre en main. Pour suivre vos décisions chaque semaine, le modèle de reporting PMO est gratuit. Le diagnostic express prend deux minutes, et rien n’est envoyé : vous choisissez ensuite de m’appeler ou de m’écrire.

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